Libérer l’école des slogans qui la tuent


A l’insu des savoirs … Libérer l’école des slogans qui la tuent

Avant-propos de Philippe Meirieu
Préface de Philippe Béague

L’éducation se joue sur “une autre scène”. C’est une affaire de désir et de confiance, une affaire d’éthique… Tout le mérite du livre d’Agnès Noël est de réhabiliter cette face cachée de l’école. Et de se situer ainsi à la source de ce qui peut mobiliser des hommes et des femmes pour cette tâche immense et essentielle : éduquer des “petits d’hommes” pour qu’ils s’approprient et améliorent notre monde… éduquer des enfants pour qu’ils se fassent œuvre d’eux-mêmes.

Extrait de la préface de Philippe Meirieu

Les adolescents vivent, rient, pleurent, aiment, plaisantent, ils consomment, ils nous assomment. Ils grandissent, font craquer leurs jointures. Certains paient le prix fort de nos désillusions et de nos incapacités à éduquer. Ils en meurent aussi, parfois. Nous les adultes, avons-nous vraiment envie de les lâcher, fragiles, dans une jungle dont nous ne pouvons maîtriser la violence ?

Ce livre est l’objection de conscience d’un professeur au travail, un manifeste de résistance aux rabotages, aux ravalements de façades, aux viols d’intimité que perpètre une société ficelée dans un réseau confus d’images, de sollicitations et d’agressions de l’imaginaire. Il refuse avec entêtement toutes ces simplifications qui voudraient nous refuser l’intelligence d’une tâche complexe et obscurément vivante : faire grandir des jeunes d’hommes dans leur humanité parlante. Et vouloir reconstruire un espace de la conscience, de la présence corporelle paisible, de la sensibilité respectueuse, du courage d’être ce qu’on est et du désir de changer.